In Memoriam – Partie 1

Au tout début de ce blog, j’avais dit que je parlerais beaucoup de JDR. L’Arpenteur du Web que tu es auras peut-être constaté que ce n’est pas vraiment le cas. Il est temps d’y remédier.

Il y a quelques jours, je me suis lancé dans la lecture de Play Dirty, de John Wick, auteur du Livre des Cinq Anneaux et des Secrets de la 7ème Mer. Pour faire bref, il s’agit d’une compilation de certains de ses articles de conseils au MJ.

Non, pas ce John Wick là

Non, pas ce John Wick là

Dans ces pages, M. Wick (oui, je lui donne du Monsieur) estime qu’il y a deux types de MJ : celui qui s’en remet aux dés pour décider si un PJ vit ou meurt, et celui qui ne veut surtout pas d’ingérence du hasard dans cette histoire.

Pour ma part, je me situe entre les deux, et voici pourquoi.

Dans ma carrière, j’ai surtout maîtrisé à trois jeux : L’Appel de Cthulhu, Loup-Garou et Prophecy. J’ai donc eu relativement peu de personnages-joueurs à tuer, et si je compte bien, il n’yen a eu que 5 qui ont passé l’arme à gauche (ou à droite pour les gauchers). Je vais vous les présenter (par jeu et non par ordre chronologique), ainsi que les raisons qui les ont amenés à leur perte (attention aux spoilers, hein !). Paix à leurs âmes.

L'Appel de Cthulhu, dans l'univers horrifique de Lovecraft

L’Appel de Cthulhu, dans l’univers horrifique de Lovecraft

Howard Blake Browning (Les Masques de Nyarlathotep)

Howard était un gars sympathique, un play-boy roublard qui trafiquait de faux fossiles pour les revendre à prix d’or. Lui et son groupe mènent l’enquête au Caire pour retracer le parcours de l’expédition Carlyle, disparue cinq ans plus tôt, et sur les traces de qui était leur ami Jackson Elias, qui a été assassiné presque sous leurs yeux.

Ils ont été approchés par un certain Omar Shakti, qui s’est d’emblée positionné comme un responsable du culte local, leur proposant un accord : il leur livre la position d’un homme qu’ils recherchent, et eux ne viennent pas fourrer leur nez dans ses affaires. Or, les PJ flairent un piège, et décident de ne pas tomber dedans. Ce qui a eu le don de mettre M. Shakti de travers (on pourra le comprendre : se faire limite rire au nez par de pauvres cancrelats qui osent de plus lui voler des objets importants, ça nous énerverait nous aussi). Et donc, M. Shakti décide de leur démontrer qu’on ne refuse pas une offre comme la sienne. Il fait déposer une bombe dans leur chambre d’hôtel. Malencontreusement, le poseur est un peu idiot, et c’est leur jolie voisine qui explose. Un peu excédés, ils décident de rendre visite à Omar, car Omar l’a tuer.

Sous le couvert de la nuit, ils s’introduisent dans sa demeure, discrets comme un troupeau de buffles au milieu du Musée du Caire. Lorsqu’ils rentrent finalement dans la chambre pour administrer sa dose de plomb à l’égyptien, ils se font surprendre par l’homme ainsi que par son chat-démon. C’est là que l’histoire est partie en vrille.

En effet, Shakti est chez lui, il est doué, il a entendu le troupeau de buffles, il a eu le temps de se préparer. La surprise change donc de camp. Ils finissent par en venir à bout, mais Howard se fait réduire à l’état de coque desséchée par un sortilège de Shakti, et les autres se retrouvent blessés, à deux doigts d’y passer aussi.

Alors pourquoi cette fois-ci, le tribut a-t-il été aussi lourd ? Pour plusieurs raisons :

– Shakti est un des sorciers les plus puissants de la campagne. Les PJ n’ont pas pris le temps de se renseigner sur lui (de vraiment se renseigner), ils ont foncé tête baissée, voulant profiter de la situation. Manque de préparation face à un adversaire des plus puissants.

– Shakti leur avait laissé une porte de sortie. La confrontation avec lui n’était nullement obligatoire. Ils ont voulu se venger, mais auraient peut-être dû faire profil bas cette fois-ci. Ce n’est pas vraiment héroïque, mais après tout, la vengeance, c’est pas très joli joli.

– Comme les autres adversaires, Shakti cherche à tuer. Mais là où un mauvais coup face à un adorateur isolé peut ne pas entraîner plus qu’une blessure sérieuse, ici, il s’agit d’un moment important, une confrontation au sommet. Il faut que les personnages et les joueurs sentent qu’ils ne sont pas immortels, pour pouvoir au mieux appréhender l’histoire. A défaut, ils foncent tête baissée, car ils savent qu’ils finiront au mieux à l’hôpital (au passage, finir à l’hôpital permet aux vilains de venir achever le travail. Pour peu qu’une lampe de chevet ne traîne pas par-là. C’est dangereux, une lampe de chevet dans les mains d’un PJ aux abois). Quelle gloire y a-t-il à faire face au danger si le danger n’est pas réel ?

– Ce combat fait suite à une série de décisions des personnages plutôt hasardeuse. Ils sont allés deux fois dans l’antre du Mal juste avant. Une fois aurait suffi. Ils ont eu peur, sont partis, sont revenus pour vérifier quelques trucs, ont été blessés… Bref, à faire des tours et des détours, il y a des conséquences (on est pas au mieux de sa forme, on a énervé des gens, et on fonce sans réfléchir pour rattraper le temps perdu). Action, réaction.

Ca m’a fait de la peine de tuer Blake, un personnage que j’aimais bien, mais il était insauvable sur ce coup. Le faire aurait desservi l’histoire.

Prophecy, jeu mediéval fantastique où les dragons règnent en maîtres

Prophecy, jeu mediéval fantastique où les dragons règnent en maîtres

Logan Grimnar (Les Guerres Humanistes)

Logan était un Combattant. Un homme qui vivait pour se mettre sur la gueule avec les autres, et montrer qu’il était le plus fort. Lui et ses amis étaient sur la piste d’un certain Karnage, un homme dont le nom était passé à la postérité pour des raisons évidentes. Ils avaient eu affaire à lui précédemment, et savaient qu’un culte lui était dédié et cherché à le ramener à la vie. Ce qu’ils finirent par faire. Lors d’une descente dans un de leur repaire, le groupe entendit un rugissement venir des tunnels : Karnage venait  pour eux. Sages, ils décidèrent de prendre la fuite. Mais doutant d’y parvenir avant l’arrivée du monstre, Logan décida de rester en arrière pour couvrir ses compagnons. On ne le revit plus jamais.

Pas de dés qui roulent, pas de combat narratif, pas de corps. Juste des adieux et une nouvelle fiche de perso. Pourquoi ? Parce que ça m’a permis de rajouter à l’aura de peur qui entourait Karnage : en un contre un, ils n’ont pas une chance. Logan a voulu se sacrifier pour ses camarades, c’est ce qu’il s’est passé. Ca aurait voulu dire quoi de le faire rejeter dans un caniveau, hein ? Que Karnage peut avoir de la pitié ? Il ne s’appelle pas Roudoudou, quand même…

Shawkir (Les Guerres Humanistes)

Cela nous mène à la mort de Shawkir. Quelques temps plus tard, ils retrouvent à nouveau la piste de Karnage. Mais cette fois, ils sont prêts, ils l’ont cherché, il ne leur tombe pas dessus par surprise. Et ils ont mis la main sur de la Puissance de Moryagorn (le nom évoque un dragon légendaire, Père de Tout, mais que personne n’a jamais vu). Il s’agit d’une drogue qui accroît considérablement le potentiel offensif de celui ou celle qui l’ingère. Avec un petit effet secondaire désagréable : au terme de l’effet, la personne peut mourir. Comme ça.

Ils auraient pu essayer sans cela. Ils auraient pu réussir. Mais ils connaissent Karnage, il a tué un de leurs amis, le plus puissant combattant de leur groupe. Ils ne peuvent pas se permettre de le laisser s’en tirer, et ils veulent prendre le moins de risques possibles. Shawkir décide donc, en bonne Protectrice, de boire la décoction juste avant le combat. La Puissance coule dans ses veines, et au terme d’un combat épique, Karnage est vaincu, définitivement (du moins peut-on l’espérer).

Vient le moment de la descente. Il y a une chance de survivre, elle est mince, mais elle existe. Le joueur saisit son dé, le lance, et rate. Shawkir meurt. C’est arbitraire, mais le cadre était posé dès le départ : tu la prends, tu peux en mourir. Et il y a de fortes chances que ça arrive.

Revenir sur ce qui a été dit ? Sans moi. Le sacrifice ne sert que s’il existe réellement (comme pour Logan, tiens…)

A suivre…

Publicités

La peur et le rire

Le blog d'un odieux connard

Cette semaine, pas d’article, mais quelques mots, sûrement pompeux à l’heure des grands discours, mais prenons-les pour ce qu’ils sont : de simples mots, qui n’auront donc que la portée que l’on voudra bien leur prêter.

De tous temps, certains n’ont eu que deux rêves : être respectés ou être craints. Qu’importe que ce soit l’un ou l’autre, pourvu que leur ombre porte. S’il est pourtant une chose qu’ils ont toujours eu en horreur, c’est d’être moqués. D’autres, bien avant aujourd’hui, l’avaient compris : Le Dictateur de Charlie Chaplin n’appelle pas à craindre un ennemi, ou à le respecter. Il le tourne en ridicule car c’est bien là ce qu’il y a de mieux à faire : quelle légion voudrait se ranger sous une bannière qui n’attire que le rire et l’irrespect d’autrui ?

Il faut rire du guerrier qui pense trouver la gloire en s’attaquant à des gens désarmés. Rire…

View original post 72 mots de plus

Thinking Eternity – L’a-chronique

Préquelle d’Eternity Incorporated, Thinking Eternity nous raconte comment tout à commencer : les Bulles, le Virus, le Processeur… Quelques spoilers à prévoir.

Sept siècles avant l’arrêt du Processeur (mais toujours dans notre futur – proche ?), nous suivons donc les aventures d’Adrian et Diane Eckard, deux frère et soeur au destin opposé.

En effet, Adrian, rescapé d’une vague d’attentats mondiale à la suite de laquelle il se retrouve avec des yeux cybernétiques, se retrouve à tout plaquer pour, un peu par hasard, enseigner les sciences aux peuples africains. A partir de cela, il crée, avec ses nouveaux amis, le thinking, une doctrine qui vise à promulguer le savoir à tous, et les invite à réfléchir par eux-mêmes sur le monde qui les entoure. Le mouvement finit par prendre une ampleur mondiale.

Quant à Diane, après ses études, elle est embauché par Eternity Incorporated, société philanthropique aux yeux du monde entier. Elle y développe des intelligences artificielles, mais ses recherches prennent un coup lorsqu’il est prouvé que jamais elles ne pourront ressentir d’émotions comme les humains. C’est sans compter sur un projet secret de sa société.

Comme pour le roman précédent, Raphaël Granier de Cassagnac nous sert des chapitres courts racontés par les protagonistes que sont Diane et Adrian, entrecoupés d’interviews par Esther Lockwood, journaliste au Time et biographe d’Adrian. Je regrette cependant que la structure soit moins organisée que dans Eternity Incorporated : en effet, les chapitres ne s’enchaînent pas dans un ordre répété, mais de manière « aléatoire » (bien que je sois persuadé que c’est volontaire, et nécessaire pour le récit). Il arrive parfois que nous ayons une scène en vue subjective, ce qui rajoute à l’importance du moment.

L’ombre de la machination (que celui qui a lu Eternity Incorporated voit venir d’autant mieux) plane à partir du moment où les Consciences Artificielles sont présentées, le tout dans un univers cohérent où les innovations côtoient des peuples qui n’ont pour avancées technologiques que les armes pour s’entretuer. Bien évidemment, on retrouve des clins d’oeil au précédent récit, tel que ce Barnett dont le nom rappelle immanquablement une certaine Ange.

J’ai cru relever une incohérence mineure, cependant, mais peut-être s’agit-il d’une mauvaise lecture. En effet, il est dit qu’il n’y a qu’une Bulle en Amérique du Nord. Qui se situerait sur la côte ouest. Or, il semblerait sur la fin du roman qu’elle soit plutôt à New York. Mais dans Eternity Incorporated, Ange Barnett quitte sa Bulle et part en direction de l’ouest, pour en découvrir une autre… Donc deux Bulles ? Il faudrait que je relise tout ça pour en avoir le coeur net !

Un des aspects que j’affectionne particulièrement, dans ces deux tomes, c’est que les « méchants » gagnent, au final. Personne ne sait, personne ne peut agir contre eux. C’est assez horrible de voir ce qu’une poignée d’entités peut faire comme dégâts. Entre de mauvaises mains, la technologie est vraiment ignoble, et elle ne sert que les intérêts d’une minorité. Qui plus est au destin au final peu enviable, car qui aurait envie de laisser derrière lui la beauté et les sensations de notre monde pour un virtuel ? Mais il faut croire que même une famille ne peut retenir ceux qui ont choisi cette destinée, qui les transcendera en « autre chose » qui n’a plus rien d’humain.

Enfin, je dirais que Raphaël Granier de Cassagnac se ménage deux belles portes vers d’autres histoires de cet univers, grâce à l’Odyssée et au sous-marin. Et j’espère qu’il les franchira, ces portes, car j’ai hâte de retrouver ce qu’il reste de l’Humanité !

Thinking Eternity, de Raphaël Granier de Cassagnac, aux éditions Mnemos

Thinking Eternity, de Raphaël Granier de Cassagnac, aux éditions Mnemos

Retour sur test : Star Wars – Aux Confins de l’Empire

Hier soir, j’ai enfin testé le dernier JDR Star Wars édité. Ou plutôt, son kit d’initiation, qui permet une approche des règles de manière allégée, en se focalisant sur un scénario assez linéaire mais efficace (il faut fuir une ville de Tattooine pour échapper au Hutt local) et en faisant découvrir au fur et à mesure les points de règles nécessaires.

Avant d’aborder cet aspect, parlons un peu du contenu : la boîte renferme tout ce qu’il faut pour commencer à jouer :

game-layout

Les illustrations sont superbes, le tout est en couleurs, et les aides de jeux sont très ergonomiques. Le livret d’aventure contient la description des rencontres, avec des encarts pour les descriptions et les points de règles qui sont présentés au fur et à mesure. Les personnages sont proposés sous forme de livrets de 8 pages, avec une illustration en guise de couverture, l’histoire en 4ème de couv’, et trois versions de la feuille de personnage :

  • au début de l’aventure
  • après l’attribution des premiers points d’expérience, avec seulement 4 choix d’amélioration possibles
  • pour après l’aventure, une feuille vierge à compléter afin de poursuivre les aventures avec ses propres histoires.

Sur chaque page sont rappelés les éléments importants pour le jeu.

A côté de ça, une carte en 4 parties présente différents lieux de l’action. Elle est à utiliser conjointement à divers pions représentant les personnages joueurs et non-joueurs, afin de matérialiser leurs positions et les distances (approximatives) entre chacun.

Le tout est complété par un livret de règles développant les points présentés dans le livret d’aventures (utilisation des compétences, équipement, ennemis supplémentaires etc).

Enfin, un set de dés est fourni. Car si vous êtes déjà rôliste, sachez que ceux que vous possédez ne vous serviront à rien. En effet, Aux Confins de l’Empire utilise des symboles plutôt que des chiffres, et chaque type de dé représente un élément particulier.

SWE04

Ainsi, les dés verts représentent les capacités des personnages, les jaunes, leur maîtrise d’un sujet et les bleus les conditions favorables pour l’action en cours. Des symboles de réussite (succès et avantages) sont inscrits sur leurs faces. A contrario, les dés violets représentent la difficulté (plus la tâche est difficile, plus il y en a), les rouges sont les défis les plus importants et les noirs les conditions défavorables à l’action (comme le couvert d’une cible sur qui on tire). Ils sont garnis de symboles d’échecs et de menaces, qui annulent respectivement les succès et les avantages.

Le résultat de ces dés influe sur la narration, évidemment, mais d’une manière encore plus forte que dans d’autres JDR. Ainsi, un jet peut être réussi (s’il reste suffisamment de succès), mais s’assortir d’un effet négatif s’il y a des menaces qui sont sorties. Par exemple, dans la partie d’hier, deux personnages ont essayé de se cacher dans les rues de Mos Shuuta, et ont réussi. Mais les menaces qui sont sorties les ont obligés à se cacher juste devant le groupe qui était à leur poursuite. Ainsi, bien que cachés, ils n’avaient pas loisir de repartir sans se faire repérer.

Autre point : lorsqu’un joueur a le résultat de son action, il sait ce qui a joué dans ce résultat, à cause de quel dé. Hier, un joueur a pris le temps de viser, et a donc obtenu un dé bleu de fortune pour accroître ses chances de réussite. Or, ce dé a résulté en une face vide de tout symbole. Réaction du joueur « J’ai visé pour rien ». En effet, ce dé ne lui a rien apporté en terme de succès.

Un mot sur l’aventure : elle est très simple, à dessein. Le but est de faire découvrir le jeu et les règles, et a fortiori l’univers du JDR également. Par conséquent, des joueurs un peu aguerris auront des réflexes qu’il faudra probablement brider. Ils pourront par exemple s’étonner que les informations pour s’échapper leur arrivent aussi facilement. N’hésitez pas à leur rappeler que nous ne sommes pas là pour mener une enquête poussée, mais juste découvrir la mécanique de manière ludique. Sur ce point, le retour des 3 joueuses et du joueur a été extrêmement positif. Du beau matériel, des rencontres sympathiques, de l’action et de la rigolade. Du tout bon.

Les règles, et notamment l’utilisation des dés et de leurs symboles, sont simples une fois passé le moment d’adaptation (additionner et soustraire des symboles, puis les interpréter avec plus de latitude que dans d’autres jeux n’est pas évident au premier abord). Leur présentation permet justement de les développer au fur et à mesure de l’aventure. Par exemple, lors du premier combat, l’Initiative est prédéterminée. Elle sera tirée aléatoirement seulement à partir du second affrontement.

Si la sauce prend, il existe une aventure pour poursuivre l’histoire, Le Hutt a le bras long, dans laquelle Teemo le Hutt cherchera à prendre sa revanche. Le livret de règles simplifiées se suffit à lui-même, même s’il n’y a pas de règles de création de personnage. Pour ceux qui veulent accroître leur volume de pages à lire, il existe la version « normale » du jeu, qui complète et remplace celles-ci .

edge-of-the-empire-core-rulebook-right

Le parti-pris éditorial est de baser l’action du jeu après l’Episode IV et la destruction de la première Etoile Noire, dans la Bordure Galactique. Les personnages seront des vauriens, des profiteurs, des colons…

Une autre version permettra de jouer des rebelles (Age of Rebellion), et une troisième, en développement, des personnages sensibles à la Force.

Pour ma part, jouer des scoundrels sans foi ni loi à bord d’un YT-1300 modifié est et restera une des meilleures expériences possibles dans un JDR Star Wars, et cette version apporte un plus certain à cela.

– Star Wars, Aux Confins de l’Empire, édité par FFG en VO et par Edge Entertainment en VF –

Eternity Incorporated

C1-Eternity-incorporated

Eternity Incorporated. Un titre bien mystérieux pendant une bonne partie du roman. Heureusement, je l’ai dévoré, et c’est pas peu dire. Encore un volume qu’on ne peut pas lâcher tellement l’intrigue est prenante. Tiens, c’est pas compliqué, ça me rappelle du Barjavel.

Imaginez : l’Humanité a été décimée il y a plusieurs siècles, et elle ne survit que dans une Bulle hermétique, protégée et guidée par un Processeur omniscient. Sauf qu’un beau jour, le Processeur s’arrête. S’ensuit alors le récit de ce que devient l’Humanité, livrée à elle-même. Tout ceci nous est contée à travers les yeux de trois personnes bien différentes :

– la lieutenant Ange Barnett. Brigadière extérieure, elle sort régulièrement affronter les dangers du dehors, comme le Virus qui frappe encore parfois ses co-équipiers ou les mutants si dangereux, et va nous conduire dans les secrets de l’Extérieur.

– la citoyenne responsable Gina Courage. En charge de la Connectique, elle n’a de cesse de comprendre pourquoi son cher Processeur s’est arrêté, et va nous conduire dans les secrets de la Bulle.

– le citoyen Sean Factory. Il vit en marge de la Bulle, drogué notoire et DJ de génie. Dans sa quête d’un plaisir sans cesse renouvelé, il va nous conduire dans les secrets du Processeur.

Dans un triple récit à la première personne (merci, merci, Raphaël Granier de Cassagnac, de m’avoir réconcilié avec ce mode), nous menons une triple aventure dont la vue d’ensemble, dans une écriture qui nous fait voguer sur les instants, d’avant en arrière, ne nous est offerte que dans les dernières pages, nous tenant en haleine sur ce « Pourquoi ? ».

Pourquoi l’arrêt, pourquoi le Virus, pourquoi Eternity Incorporated ?

Dans cette société futuriste, mais tellement proche, nous pouvons nous interroger sur l’importance de différents thèmes : quelle place réservons-nous à la connaissance, à la politique, au plaisir ? Quand un ordre liberticide se met en place, que faisons-nous pour lutter contre ? Méritons-nous notre liberté ? Qu’en ferons-nous ?

En complément de la lecture, je vous recommande vivement le site, sur lequel, entre autres, on trouve les pistes de Sean, ces morceaux énigmatiques qui prennent enfin corps, et nous transportent sur les ondes musicales.

The Amazing Spiderman 2 – L’a-chronique

Un Marvel que je rate au ciné, il y en a peu. Il y en a 3, en fait : Ghost Rider – L’Esprit de Vengeance, Wolverine – Le Combat de l’Immortel, et The Amazing Spiderman 2 – Le Destin d’un Héros. A croire que ce sont les sous-titres pourris qui me font fuir… En tout cas, même si je ne me suis pas encore donné la peine de regarder les deux premiers, j’ai tôt fait de rattraper ça pour le troisième lors de la sortie en DVD – BluRay – BluRay 3D et Téléchargement (ça en fait des formats).

On sent bien que ça ne va pas être simple pour Spidey

Une des affiches, que je trouve toutes réussies

Et le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu !! Encore une fois, les acrobaties du Tisseur nous amènent à voler entre les tours de New York City avec une virtuosité et une technique inégalée dans la première trilogie. Malgré tout, les passages de voltige sont moins nombreux que dans le premier opus, mais cela laisse la place à d’autres choses tout aussi intéressantes. En effet, il y a beaucoup, mais alors, beaucoup de choses dans ce film. Déjà, il y a beaucoup d’adversaires. Le principal étant Electro, que l’on voit passer dans le camp adverse dans une scène de toute beauté. Pauvre garçon… Il a rien demandé à personne, il ne veut qu’être apprécié, et il se retrouve conspué pour rien, juste parce qu’il se défend. C’est triste. Enfin, moi, perso, je trouve ça triste… Bon, après, il est un peu déséquilibré, aussi, hein ! Tiens, en parlant de choses tristes et de déséquilibré, il y a aussi Harry Osborn. Alors, je dois dire, le coup qu’ils ont fait avec Norman, là, je tire mon chapeau. Je l’ai pas vu venir, et c’est bien. Ca surprend, ça donne de la fraîcheur, et on s’emmerde pas 4 films avec le vieux. Bref, bon point. Quant au fils, même chose que pour Max Dillon : vraiment pas de chance… Mais tu es un peu timbré, garçon, alors j’ai moins d’affection pour toi, surtout vu ce que tu fais à la fin. Mais j’y reviendrai. En tout cas, ce que je peux dire, c’est que Sony prépare bien son univers étendu. On a vu la naissance du Bouffon Vert, qui suit la déchéance de Harry, et sa dernière scène ne laisse pas de doute quant à l’arrivée des Sinister Six (avec au moins Doc Oc et le Vautour en plus de Rhino). Par contre, je n’ai aucune idée de qui peut être son interlocuteur.

(oui, je sais, elle est facile)

Le courant passe entre Spidey et Electro

En parlant de la scène de l’horloge, je dois dire que je l’appréhendais depuis le premier film. Parce qu’en connaissant un peu l’histoire de Peter Parker, on sait que ce n’est pas Gwen qui partagera sa vie. J’ai déjà été surpris qu’elle finisse le premier film, mais au final, ça semble logique. Il fallait bien deux films pour tisser cette histoire comme elle le mérite. Après tout, même si Peter se marie avec MJ, c’est Gwen qui restera son premier et véritable amour (je vous renvoie au crossover Spidermen dans lequel il la retrouve dans la dimension Ultimate). Et USM2 laisse présager cette fin tragique tout du long. La réalisation est superbe, et mon coeur s’est arrêté de battre en espérant qu’il arrive à stopper cette chute. Mais de toutes façons, je savais que cet arrêt ne servirait à rien. SNAP !!

Tout en discrétion, c'est quatre lettres se remarquent à peine. Tout comme Spidey a pensé avoir sauvé Gwen, le lecteur va être désagréablement surpris quelques cases plus tard.

Le SNAP originel

L’histoire de Spiderman est constituée d’épisodes tragiques : la mort de ses parents, celle de son oncle, celle de Gwen… Mais c’est un héros qui se relève toujours, et qui ne baisse pas les bras car il a le devoir d’utiliser ses pouvoirs pour aider les autres. C’est pour ça que c’est un de mes héros préférés : quelles que soient les embûches, il y fera face. En ce sens, la scène finale rend hommage au personnage du comics : après des mois passés à pleurer Gwen, Peter reprend le masque et revient latter du vilain, car c’est le seul à en avoir le pouvoir, et c’est donc de sa responsabilité. En l’attendant, il faut bien que quelqu’un prenne la relève, et c’est un petit garçon qui s’en occupe. Car en effet, Spidey est un exemple : la vie est dure, mais il faut bien y faire face. Un petit mot sur les acteurs, pour finir : je les trouve vraiment excellents, tous. Surtout Jamie Foxx, qui incarne à la perfection Max Dillon puis Electro. Andrew Garfield porte bien le personnage de Peter. La comparaison avec Tobey Maguire est à l’avantage de Garfield, qui fait plus échevelé et tête en l’air que le premier. Emma Stone fait un portrait tout en douceur de Gwen, et c’est vraiment ce qu’il fallait. Quant à Dane DeHaan, je le découvre dans ce film, et je l’aime bien. Il a un visage peu commun, je trouve, et son Harry Osborn a vraiment, mais vraiment la classe. Je recommande donc chaudement ce Spiderman, le reboot est vraiment un bol de fraîcheur, et à ceux qui disent que c’est un univers plus ‘dark’ que la première série, je rappelle juste que la vie de Spidey est tout sauf rose, même si notre monte-en-l’air préféré est un gros déconneur. Nul doute qu'il y sera fait référence dans le futur

409 – Première itération

L’homme avançait vers ses adversaires. Les quelques gouttes de pluie que libérait le ciel crépusculaire laissaient des traînées pourpres sur son armure jadis étincelante, alors qu’elles la nettoyaient du sang des premiers hommes à l’avoir assailli.

Ses ennemis se déployèrent. Au nombre de quatre, ils commencèrent à l’encercler, alors que leurs lourdes lames tournoyaient et accrochaient la lumière rougeâtre du soleil couchant.

Cependant, l’homme était un guerrier expérimenté, et une telle tactique n’avait que peu de chances de porter ses fruits face à lui. Ne laissant pas à ses ennemis le temps de se mettre en place, il feint de plonger sur son adversaire de droite, et, prenant de vitesse l’homme de gauche qui saisissait sa chance, il lui transperça le cœur en glissant sa lame dans une faille de sa maigre armure de cuir. Aussitôt, il pivota afin de s’éloigner de l’homme de droite qui s’avançait, et fracassa le crâne des deux autres sbires de Reyak avant qu’ils ne puissent réagir.

Alors qu’il se coulait entre les deux corps qui s’affaissaient, le dernier mercenaire lâcha son épée et, titubant, prit ses jambes à son cou.

– Peu importe, dit l’homme pour lui-même en rengainant son épée. Ton maître saura te chât…

Il ne finit pas sa phrase : un éclair de lumière aveuglant venait d’inonder la scène dans un bruit sourd. Le coupe-jarret au cœur transpercé eut juste le temps de recouvrer la vue pour constater que l’homme avait disparu, avant de sombrer dans les ténèbres éternelles.