Thinking Eternity – L’a-chronique

Préquelle d’Eternity Incorporated, Thinking Eternity nous raconte comment tout à commencer : les Bulles, le Virus, le Processeur… Quelques spoilers à prévoir.

Sept siècles avant l’arrêt du Processeur (mais toujours dans notre futur – proche ?), nous suivons donc les aventures d’Adrian et Diane Eckard, deux frère et soeur au destin opposé.

En effet, Adrian, rescapé d’une vague d’attentats mondiale à la suite de laquelle il se retrouve avec des yeux cybernétiques, se retrouve à tout plaquer pour, un peu par hasard, enseigner les sciences aux peuples africains. A partir de cela, il crée, avec ses nouveaux amis, le thinking, une doctrine qui vise à promulguer le savoir à tous, et les invite à réfléchir par eux-mêmes sur le monde qui les entoure. Le mouvement finit par prendre une ampleur mondiale.

Quant à Diane, après ses études, elle est embauché par Eternity Incorporated, société philanthropique aux yeux du monde entier. Elle y développe des intelligences artificielles, mais ses recherches prennent un coup lorsqu’il est prouvé que jamais elles ne pourront ressentir d’émotions comme les humains. C’est sans compter sur un projet secret de sa société.

Comme pour le roman précédent, Raphaël Granier de Cassagnac nous sert des chapitres courts racontés par les protagonistes que sont Diane et Adrian, entrecoupés d’interviews par Esther Lockwood, journaliste au Time et biographe d’Adrian. Je regrette cependant que la structure soit moins organisée que dans Eternity Incorporated : en effet, les chapitres ne s’enchaînent pas dans un ordre répété, mais de manière « aléatoire » (bien que je sois persuadé que c’est volontaire, et nécessaire pour le récit). Il arrive parfois que nous ayons une scène en vue subjective, ce qui rajoute à l’importance du moment.

L’ombre de la machination (que celui qui a lu Eternity Incorporated voit venir d’autant mieux) plane à partir du moment où les Consciences Artificielles sont présentées, le tout dans un univers cohérent où les innovations côtoient des peuples qui n’ont pour avancées technologiques que les armes pour s’entretuer. Bien évidemment, on retrouve des clins d’oeil au précédent récit, tel que ce Barnett dont le nom rappelle immanquablement une certaine Ange.

J’ai cru relever une incohérence mineure, cependant, mais peut-être s’agit-il d’une mauvaise lecture. En effet, il est dit qu’il n’y a qu’une Bulle en Amérique du Nord. Qui se situerait sur la côte ouest. Or, il semblerait sur la fin du roman qu’elle soit plutôt à New York. Mais dans Eternity Incorporated, Ange Barnett quitte sa Bulle et part en direction de l’ouest, pour en découvrir une autre… Donc deux Bulles ? Il faudrait que je relise tout ça pour en avoir le coeur net !

Un des aspects que j’affectionne particulièrement, dans ces deux tomes, c’est que les « méchants » gagnent, au final. Personne ne sait, personne ne peut agir contre eux. C’est assez horrible de voir ce qu’une poignée d’entités peut faire comme dégâts. Entre de mauvaises mains, la technologie est vraiment ignoble, et elle ne sert que les intérêts d’une minorité. Qui plus est au destin au final peu enviable, car qui aurait envie de laisser derrière lui la beauté et les sensations de notre monde pour un virtuel ? Mais il faut croire que même une famille ne peut retenir ceux qui ont choisi cette destinée, qui les transcendera en « autre chose » qui n’a plus rien d’humain.

Enfin, je dirais que Raphaël Granier de Cassagnac se ménage deux belles portes vers d’autres histoires de cet univers, grâce à l’Odyssée et au sous-marin. Et j’espère qu’il les franchira, ces portes, car j’ai hâte de retrouver ce qu’il reste de l’Humanité !

Thinking Eternity, de Raphaël Granier de Cassagnac, aux éditions Mnemos

Thinking Eternity, de Raphaël Granier de Cassagnac, aux éditions Mnemos

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